Le complément de revenu des travailleurs modestes
La prime d'activité est versée aux personnes qui travaillent et dont les revenus restent modestes, que leur activité soit salariée ou indépendante. Elle est versée par la Caf pour le régime général, ou par la MSA pour le régime agricole, et n'est pas imposable (service-public.gouv.fr).
Créée par la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l'emploi, elle a remplacé le RSA activité et la prime pour l'emploi, avec une entrée en vigueur en 2016 (service-public.gouv.fr). Environ 4,5 millions de foyers la perçoivent, soit près de 8,8 millions de personnes couvertes (solidarites.gouv.fr), pour 10,7 milliards d'euros de dépenses en 2024 (travail-emploi.gouv.fr).
Percevoir la prime est sans conséquence sur les autres prestations : son montant n'entre pas dans le calcul de l'allocation logement, de la Paje, de l'AAH ni du RSA (caf.fr).
Qui y a droit
Quatre conditions : avoir 18 ans ou plus, exercer une activité professionnelle, percevoir des revenus modestes et résider en France de manière stable et effective (service-public.gouv.fr). En pratique, la prime cesse d'être versée au-delà d'environ 2 000 € nets par mois pour une personne seule, ou de 3 450 € pour un couple avec deux enfants dont un seul membre travaille (travail-emploi.gouv.fr).
La résidence s'apprécie sur l'année : au moins neuf mois en France (caf.fr). Un séjour hors de France de plus de trois mois par année civile limite le droit aux mois complets de présence (service-public.gouv.fr). Les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de Suisse doivent vivre en France depuis au moins trois mois au moment de la demande ; les autres ressortissants étrangers doivent être en séjour régulier, par exemple avec un titre permettant de travailler depuis cinq ans, le statut de réfugié ou une carte de résident (service-public.gouv.fr).
Les travailleurs détachés temporairement en France sont exclus, comme les personnes en congé parental, sabbatique, sans solde ou en disponibilité qui n'ont pas de revenus d'activité (service-public.gouv.fr, caf.fr). L'indemnisation au titre du chômage partiel ou technique, elle, ouvre droit à la prime (caf.fr). Les étudiants et apprentis y ont droit si leurs revenus d'activité dépassent 1 117,26 € par mois, chaque mois du trimestre de référence, ou s'ils assument seuls la charge d'enfants (service-public.gouv.fr, travail-emploi.gouv.fr).
- Salariés et fonctionnaires.
- Travailleurs indépendants et micro-entrepreneurs.
- Personnes indemnisées au titre du chômage partiel ou technique.
- Étudiants, élèves et apprentis au-dessus du seuil de revenus.
La hausse du 1er avril 2026
Deux mouvements se sont ajoutés au 1er avril 2026. D'abord la revalorisation annuelle de 0,8 % : le montant forfaitaire d'une personne seule est passé de 633,21 € à 638,28 € (décret n° 2026-222 du 30 mars 2026, solidarites.gouv.fr).
Ensuite une réforme exceptionnelle prévue par la loi de finances pour 2026 : la bonification individuelle est renforcée pour les revenus compris entre le smic et 1,15 fois le smic, avec un gain pouvant atteindre 54 € par mois et par bénéficiaire (caf.fr, décret n° 2026-222). Près de 3 millions de ménages y gagnent en moyenne 50 € par mois (travail-emploi.gouv.fr).
La réforme relève aussi le plafond de ressources, ce qui rend éligibles des foyers qui ne touchaient rien auparavant (caf.fr). Exemple donné par le ministère du Travail : une famille monoparentale avec deux enfants rémunérée 1,5 smic, soit 2 165 € nets par mois, perçoit désormais 61 € de prime (travail-emploi.gouv.fr).
Les effets apparaissent au fil des déclarations trimestrielles : juillet 2026 pour la déclaration de février à avril, août pour mars à mai, septembre pour avril à juin (caf.fr). Aucune démarche n'est nécessaire, le calcul est automatique (caf.fr). La hausse s'applique en métropole et dans les DROM ; à Mayotte, où le montant forfaitaire d'une personne seule est de 319,14 €, la réforme de la bonification interviendra plus tard (solidarites.gouv.fr, caf.fr).
Comment le montant est calculé
La formule : le montant forfaitaire, éventuellement majoré, plus 59,85 % des revenus professionnels du foyer, plus les bonifications individuelles, moins les ressources prises en compte du foyer (service-public.gouv.fr).
Le montant forfaitaire dépend de la composition du foyer. Depuis le 1er avril 2026 :
Il augmente avec le nombre de personnes : plus 50 % pour la première personne supplémentaire, 30 % par personne ensuite, et 40 % au-delà de la troisième lorsque le foyer compte plus de deux enfants ou personnes de moins de 25 ans à charge (service-public.gouv.fr). Une majoration temporaire existe pour les parents isolés et les femmes enceintes isolées : accordée sur douze mois, continus ou non, au cours d'une période de dix-huit mois, elle se prolonge jusqu'aux 3 ans du plus jeune enfant (service-public.gouv.fr).
Chaque travailleur ouvre aussi droit à une bonification individuelle, calculée sur la moyenne de ses revenus professionnels des trois derniers mois. Elle est nulle en dessous de 709,18 € par mois, puis croissante jusqu'à un maximum de 240,63 €, atteint à partir de 1 658,76 € (caf.fr). Ce plafond représente 37,7 % du montant forfaitaire d'une personne seule (décret n° 2026-222).
Un forfait logement s'ajoute aux ressources, ce qui réduit la prime, quand le foyer est logé gratuitement, propriétaire sans remboursement d'emprunt ou bénéficiaire d'une aide au logement : 76,59 € pour une personne seule, 153,19 € pour deux personnes, 189,57 € pour trois personnes ou plus (travail-emploi.gouv.fr, caf.fr).
Côté ressources, la quasi-totalité compte : salaires et revenus indépendants, indemnités journalières, allocations chômage, pensions, pensions alimentaires, revenus du patrimoine, ainsi que la plupart des prestations sociales (service-public.gouv.fr). Certaines ressources restent écartées, comme une partie des aides au logement, certaines prestations familiales ou les revenus du patrimoine exonérés d'impôt (travail-emploi.gouv.fr). La référence est le montant net social, inscrit sur les bulletins de paie et les relevés de prestations (service-public.gouv.fr).
- Personne seule : 638,28 €.
- Couple, ou personne seule avec un enfant : 957,42 €.
- Couple avec un enfant, ou personne seule avec deux enfants : 1 148,90 €.
- Couple avec deux enfants : 1 340,39 €, puis 255,31 € par personne à charge supplémentaire (service-public.gouv.fr).
Ce qu'elle permet de cumuler
La prime est conçue pour se superposer aux autres aides : son versement ne modifie pas le calcul des autres prestations (caf.fr).
- RSA : le cumul est possible sous conditions et en fonction des ressources ; quand une personne au RSA déclare un salaire, le droit à la prime d'activité est calculé automatiquement (caf.fr, solidarites.gouv.fr).
- Aide au logement : cumul possible ; l'aide reçue est prise en compte via le forfait logement, ce qui peut réduire la prime (travail-emploi.gouv.fr, caf.fr).
- AAH : cumul possible, avec une déclaration trimestrielle pour chaque prestation ; si la personne travaille et perçoit au moins 348,58 € par mois, l'AAH est traitée comme un revenu d'activité dans le calcul, ce qui rend le droit plus favorable (caf.fr).
- Allocation chômage : seule, elle n'ouvre pas de droit ; le cumul est possible en cas d'activité en parallèle, de stage de la formation professionnelle rémunéré ou de contrat de sécurisation professionnelle (France Travail).
La demande, le versement et la déclaration trimestrielle
La demande se dépose en ligne, sur caf.fr ou sur msa.fr ; un formulaire papier reste possible en cas de difficulté (solidarites.gouv.fr). Avant de déposer, un simulateur officiel est disponible sur caf.fr et sur le portail mesdroitssociaux.gouv.fr ; des simulateurs indépendants, comme celui d'Aida, reprennent les mêmes paramètres. Seule la Caf, ou la MSA, décide du montant versé.
Le droit s'ouvre à partir du 1er jour du mois au cours duquel la demande est déposée, et jamais avant (service-public.gouv.fr). La prime est versée chaque mois, les droits d'un mois étant payés le mois suivant (service-public.gouv.fr). Le montant reste identique pendant trois mois, sur la base d'un trimestre de référence (caf.fr).
Dans un couple, un seul membre fait la demande pour l'ensemble du foyer (caf.fr). La déclaration trimestrielle de ressources est obligatoire pour continuer à percevoir la prime ; préremplie depuis mars 2025 avec le montant net social, elle doit être vérifiée, validée et complétée si nécessaire (caf.fr, service-public.gouv.fr). Les ressources préremplies portent sur les mois M-2 à M-4 (service-public.gouv.fr).
Tout changement de situation doit être signalé, le recalcul intervenant au trimestre suivant (caf.fr). En cas de déménagement dans un autre département, le dossier est transféré, sans nouvelle demande (caf.fr). Si le montant calculé est inférieur à 15 €, la prime n'est pas versée (service-public.gouv.fr).
Les points de vigilance
En cas d'hospitalisation, la prime d'une personne qui vit seule sans personne à charge est réduite de moitié ; en cas d'incarcération, il faut prévenir la Caf pour suspendre le versement (service-public.gouv.fr).
Un trop-perçu reste réclamable pendant deux ans, par retenue sur la prime ou sur les autres prestations (service-public.gouv.fr). Des contrôles peuvent demander des justificatifs, et une absence de réponse peut entraîner une suspension des droits (caf.fr).
Pour les étudiants, le seuil de 1 117,26 € s'apprécie chaque mois du trimestre de référence, pas en moyenne (caf.fr). Et un enfant à charge dont les revenus d'activité dépassent ce même seuil cesse d'être considéré à charge : il dépose alors sa propre demande (caf.fr).
Enfin, une simulation ne vaut pas décision : les montants définitifs sont arrêtés par la Caf ou la MSA après examen du dossier (caf.fr).
Sources
- service-public.gouv.fr · Prime d'activité : salarié ou fonctionnaire (F2882) · 2026-06
- service-public.gouv.fr · Prime d'activité : étudiant, stagiaire, apprenti (F33375) · 2026-04
- service-public.gouv.fr · Prime d'activité : travailleur indépendant (F34701) · 2026-04
- service-public.gouv.fr · Ressources prises en compte pour la prime d'activité (F39753) · 2026-07
- service-public.gouv.fr · RSA et prime d'activité en cas de résidence hors de France (F994) · 2024-08
- service-public.gouv.fr · La prime d'activité revalorisée en 2026 (actualité) · 2026-07
- caf.fr · Barème Prime d'activité (espace professionnels) · 2026-04
- caf.fr · La prime d'activité augmente en 2026 · 2026-04
- caf.fr · Les réponses à vos questions sur l'évolution de la prime d'activité en 2026 · 2026-07
- caf.fr · Je bénéficie du RSA et je souhaite la prime d'activité · 2026
- caf.fr · Je bénéficie de l'AAH et je souhaite la prime d'activité · 2026
- caf.fr · Foire aux questions : la prime d'activité et le RSA · 2026
- caf.fr · Webinaire « La prime d'activité » (support partenaires, session du 24 mars 2026) · 2026-03
- Légifrance · Décret n° 2026-222 du 30 mars 2026 portant revalorisation légale et exceptionnelle de la prime d'activité · 2026-03
- Légifrance · Code de la sécurité sociale, art. D. 843-2 (bonification, version en vigueur au 1er avril 2026) · 2026-04
- Légifrance · Code de la sécurité sociale, art. R. 843-1 (trimestre de référence) · 2026-10
- travail-emploi.gouv.fr · Réforme de la prime d'activité : un effort inédit pour le pouvoir d'achat · 2026-04
- solidarites.gouv.fr · Revalorisation annuelle des prestations sociales au 1er avril 2026 · 2026-03
- solidarites.gouv.fr · La prime d'activité · 2026
- France Travail · Prime d'activité et chômage : un droit méconnu · 2026
- mesdroitssociaux.gouv.fr · Portail officiel de simulation des droits sociaux · 2026